Pour la première fois depuis 2008, la barre du chômage passe au-dessous des 8%

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Cela faisait bien longtemps que l’emploi n’avait pas montré des signes durables aussi encourageants. Pourtant, les chiffres sont là : le chômage passe sous la barre symbolique des 8%, retrouvant ainsi un niveau comparable à celui que l’Europe des 27 d’alors avait connu avant la crise. Un nouveau succès de la politique mise en place par la jeune Fédération européenne.

« L’époque où l’on redoutait la publication des chiffres du chômage n’est certes pas révolue. Il s’agit de demeurer prudent et de ne pas relâcher notre effort. Mais le renversement de la tendance, tant espéré par des millions de chômeurs durant des années, semble bien se confirmer » a déclaré la ministre européenne de l’Emploi, Kaija  Hyytiäinen. Agée de 35 ans, elle connaît bien le sujet puisqu’elle appartient à une génération qui n’a connu que la crise et qu’elle a elle-même grossi les rangs des demandeurs d’emploi durant 17 mois, en dépit de brillantes études universitaires. La jeune économiste, avant de rejoindre l’administration Forsythe, dirigeait l’Association européenne de lutte contre le chômage. C’est elle, au demeurant, qui est à l’origine du plan « retour au plein-emploi » qu’elle a élaboré en concertation avec une commission parlementaire et les partenaires sociaux européens. Les recettes qu’elle a su imposer au Sénat, plutôt conservateur, tournent autour de trois axes majeurs. D’une part, elle a travaillé en étroite collaboration avec Moreno Zimmaro, le ministre européen de l’Education, pour que Copernicus, le plan de formation et de mobilité européen, vise prioritairement à  rapprocher le monde de l’éducation et celui de l’entreprise. D’autre part, elle a réduit de moitié le poids des charges salariales sur les entreprises, en bénéficiant d’une enveloppe de 150 milliards d’euros, prélevés sur les 250 milliards d’économies réalisées l’année dernière. Cette baisse des charges est conditionnée au cas par cas par un plan de recrutement débouchant sur des contrats à durée indéterminée. Enfin, le rapprochement des entreprises par secteur, jadis concurrentes et d’une taille modeste en regard des géants américains, indiens et chinois, a permis de gagner de nombreuses parts de marché en dehors de l’Europe. La conjugaison de ces trois grands chantiers a eu des répercussions très importantes sur le marché de l’emploi : la demande de travail s’est alignée sur l’offre, l’accroissement des exportations a accru la production des entreprises et leur besoin en capital humain. L’augmentation de la masse salariale a été compensée par la baisse des charges tandis que l’introduction de l’allocation universelle a exercé une influence positive sur la consommation intérieure, en particulier des classes moyennes. « Les Etats-Unis d’Europe sont sur la bonne voie », a encore indiqué Hyytiäinen. « Il est cependant trop tôt pour crier victoire. Ce ne sont pas les chiffres mais les êtres humains qui font l’économie. Nous ne devons jamais l’oublier ».

 

V.H.

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