Habemus tractatum rei publicae Europae

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Flashback

Rappelez-vous. C’était il y a quatre ans. Une fumée blanche marquait la naissance de l’Europe fédérale, après 15 jours d’intenses discussions au sein du conclave de la cité du Vatican où 28 chefs d’Etats s’étaient réunis et isolés à l’invitation du pape François. Nous reproduisons ici l’article de l’épopque.

Un petit retour en arrière s’impose pour saluer la décision historique de la Fédération européenne de se doter d’une défense, d’une diplomatie et d’une politique de coopération au développement uniques, pour porter haut et fort la voix de l’Europe sur la scène internationale. En dépit de l’ouverture constructive affichée par les députés de la Chambre basse du Parlement européen et de la ratification de la toute nouvelle Constitution européenne par les Assemblées parlementaires nationales, il s’avérait en effet impossible de dégager un consensus pour doter l’Europe d’une véritable ambition, à la mesure des attentes des citoyens.

Le pape François est alors entré en lice et a pris la décision d’inviter les 28 chefs d’Etats au Vatican pour bénéficier du calme et de la sérénité de la Cité pontificale. Ceux-ci ont accepté d’être enfermés (au pain et à l’eau) dans la chapelle Sixtine, jusqu’à ce qu’ils parviennent à un accord. Le coup de génie du pape François a été  de leur proposer de se soumettre à la règle de la stricte confidentialité des délibérations, ce qui a permis d’aboutir à une décision satisfaisant toutes les parties en présence.

Après d’âpres discussions, la fumée blanche est apparue pour annoncer le dénouement heureux des discussions de cette ultime réunion des chefs d’Etat et de gouvernement. Ceux-ci sont ressortis sereins et apaisés. Aucune confidence sur leurs débats n’a pu être recueillie. Ils se sont contentés de publier ce communiqué très sobre : « Le président du Parlement européen vous fera part de nos décisions ».

Nous sommes loin des effets d’annonce auxquels nos dirigeants européens nous avaient habitués. L’attention du monde entier se focalise sur la crédibilité et la visibilité retrouvées des Etats-Unis d’Europe avec la position désormais officielle des instances de la Fédération européenne en matière de politique internationale qui peut se résumer comme suit : un seul ministre des Affaires étrangères, une seule diplomatie, un seul siège européen aux Nations Unies, un seul représentant au FMI, un seul représentant à la Banque Mondiale, un seul représentant à l’Organisation Mondiale du Commerce  (OMC), une seule politique de coopération au développement.

Les moments de méditation proposés aux dirigeants européens par le pape François ont porté leurs fruits : l’Europe dispose désormais d’une véritable stature mondiale en parlant d’une d’une seule voix dans un monde multipolaire. Les premières élections européennes fédérales peuvent enfin être organisées. John Forsythe, le président de la Commission sortante a déjà fait savoir qu’il démissionnerait pour présenter sa candidature au nouveau poste de président de la Fédération européenne. Cela fait longtemps, a-t-il ajouté, qu’il demandait ce rendez-vous démocratique devant l’ensemble des citoyens européens. Merci au pape François qui a eu l’intelligence de ne pas utiliser le conclave du Saint-Siège pour exiger en retour un nouveau magistère d’influence. Une preuve de lucidité supplémentaire qui démontre que quelque chose est vraiment en train de changer en Europe.

 

V.H.

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