Politique 2.0

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OLIVIER BORUCHOWITCH« Nous, peuple d’Islande, souhaitons créer une société juste offrant les mêmes opportunités à tous. Nos origines différentes sont une richesse commune, et ensemble nous sommes responsables de l’héritage des générations : la terre, l’histoire, la nature, la langue et la culture. » Ces mots sont extraits du préambule du projet de Constitution islandaise, élaboré par 25 citoyens ordinaires élus à cette fin par leurs compatriotes, dont chaque proposition pouvait être débattue par tous grâce aux réseaux sociaux. Certes, cette expérience tout à fait inédite et parfaitement légale, fut malheureusement gelée par les conservatismes politiques mais elle offrait un bel exemple de démocratie citoyenne. De manière quelque peu similaire, la Finlande a également introduit une procédure, cette fois garantie par la Constitution, permettant à n’importe quel citoyen d’inscrire à l’ordre du jour du Parlement une proposition de loi, pour peu qu’elle ait récolté 50.000 signatures. Ces exemples, à la différence de nos articles, sont réels et montrent que la nature de l’exercice démocratique est en train de changer. Il tend aujourd’hui à inscrire de plus en plus le citoyen dans le cadre de la démocratie représentative.

En nous engageant dans la campagne électorale, nous ne défendons pas seulement l’idée d’une Europe fédérale, mais nous plaidons simultanément pour une autre approche de la politique incarnée par cette nouvelle Europe. Pour une autre manière de faire œuvre de politique, qui pose, au fond, la question de la professionnalisation de la classe politique. Devons-nous systématiquement penser à des carrières politiques qui durent toute une vie ? Cela a-t-il encore du sens ? Bien entendu, les responsables politiques qui ont choisi, à titre individuel, d’en faire leur vocation, méritent tout notre respect car ils ont fait un choix admirable. Mais cela n’implique pas qu’il soit le seul possible.

Globalement, en effet, l’unipolarisation de la vie politique gravitant autour de partis qui s’institutionnalisent n’est pas nécessairement une exclusive. Pourquoi ne pourrait-on pas imaginer que des citoyens venus de la société civile puissent quitter leurs fonctions le temps d’un mandat et consacrer 5 ou 10 années de leur vie à la politique puis revenir à une carrière classique ? Il nous semble que la vitalité de la politique s’en trouverait raffermie, que la qualité des débats, des idées et des projets de la vie publique en sortirait grandie. Depuis une vingtaine d’années, on sent comme un épuisement des clivages traditionnels. Et pour cause : lorsque les contraintes mondiales sont aussi fortes que celles qui pèsent aujourd’hui sur nos Etats, le débat gauche/droite perd une bonne partie de sa raison d’être. Voudrait-on faire du social, les marges de manœuvres économiques ne l’autorisent pas. Souhaiterait-on libéraliser, le poids des incohérences entre les différents systèmes nationaux ne le permet pas. Aimerait-on faire de l’écologie à l’échelle du continent, l’absence d’une politique européenne intégrée l’interdit. La vraie crise entre le citoyen et le politique se trouve bien là : le système institutionnel dans lequel nous vivons ne permet pas de faire émerger un autre modèle de société car ledit système est aujourd’hui usé, paralysé par des principes à la fois trop rigides pour qu’il s’adapte à la complexité du monde, et trop flexibles pour la maîtriser. La ligne de démarcation ne se situe plus entre la gauche et la droite, mais entre le pragmatisme et le populisme, entre les partis qui se résignent à subir la réalité, et ceux qui feignent de l’ignorer. Stand Up propose une autre voie : celle du volontarisme citoyen. Le système politique doit se réinventer. Non par la démagogie mais par l’intelligence. Non par les reflexes corporatistes mais par la créativité. Non par le repli sur soi mais par l’ouverture aux autres. C’est ce que symbolisent, dans nos articles fictifs, l’administration Forsythe et, à travers elle, les Etats-Unis d’Europe. C’est ce que représente la citation figurant au bas de notre titre « It always seems impossible until it is done » et que nous avons faite nôtre, cette phrase de Nelson Mandela qui prend tout son sens à travers ce qu’il a accompli. Aidez-nous à faire en sorte qu’elle illustre également l’évolution de l’Europe à travers vous, en votant Stand Up le 25 mai prochain.

Olivier Boruchowitch

Rédacteur en chef et membre-fondateur de Stand Up

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