L’ascension fulgurante de John Forsythe (1)

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Il y a deux ans et demi arrivait au pouvoir le premier président de la Fédération européenne. A mi-mandat, cette figure charismatique de la jeune génération de responsables politiques européens est au zénith de sa popularité. Nous consacrons un article en deux parties au parcours hors du commun d’un homme que rien ne prédestinait à accéder au sommet des Etats-Unis d’Europe.

John Forsythe, Président des Etats-Unis d’Europe

« Je suis arrivé en politique un peu par hasard », reconnaît le Président Forsythe. Titulaire d’une maîtrise de lettres du Trinity College Dublin, le jeune John souhaitait devenir écrivain. « A cette époque, écrit-il dans ses Mémoires courtes, j’aurais tellement aimé consacrer mon temps à l’évocation de la beauté paisible de l’Irlande, à ses grands espaces, sa nature sauvage, sa douceur de vivre. C’était à la fin des années 90, au moment où l’on parlait du « miracle économique » de mon beau pays, où il faisait bon vivre. » Ses premières années post-universitaires se déroulent dans la quiétude qu’il recherchait, entre l’enseignement et les longues heures d’écriture. Ad Fundum, son premier recueil de poèmes publié en 2004, obtient rapidement un succès international. Il commence à voyager, décroche une chaire à l’Université de Bologne et se passionne pour l’œuvre de Lamartine, à qui il consacrera une biographie qui fait aujourd’hui autorité. « L’engagement politique du célèbre poète français m’a fait découvrir une ardente passion pour la chose publique, qui ne cesse depuis de me dévorer », confia-t-il un jour à un journaliste de Vanity Fair. Partagé désormais entre l’Italie, la France et l’Irlande, dont la situation économique et sociale se dégrade fortement durant les années 2000, il décide de faire ses premiers pas en politique. Elu dès sa première tentative, il siège comme indépendant sur les bancs du Dáil Éireann. S’il y fait ses premières armes, il s’y ennuie aussi profondément. « Mon mandat de parlementaire m’a fait comprendre assez vite que l’Irlande ne disposait d’aucune marge de manœuvre pour agir sur les causes qui entravaient son développement ». Mais à la différence des souverainistes, il se penche alors sur le cas des autres Etats-membres de l’Union et dresse le même constat. Aussi, lorsqu’il publie son Essai comparé des politiques nationales européennes, devenu aujourd’hui un classique de la littérature politique, sa conclusion est sans appel : « Face aux forces économiques et financières de plus en plus puissantes qui font peu de cas de l’intérêt général des peuples, il faut construire une institution suffisamment forte pour leur résister sans les détruire, suffisamment sage pour les réguler sans les contraindre, suffisamment déterminée pour rétablir la primauté du politique et du droit sans les brimer. C’est la société qui crée l’économie et non l’inverse. Ce sont les citoyens qui créent le politique, et non le contraire. Et l’individu du XXIe siècle dans notre région du monde n’est plus seulement irlandais, belge, français, danois, espagnol ou allemand, il est avant tout européen. C’est par l’Europe que nous sortirons tous ensemble de la crise. C’est grâce à l’Europe que nous demeurerons ce que nous sommes et retrouverons le chemin de la prospérité que nos politiques nationales dispendieuses et peu influentes au regard du monde, nous ont fait perdre ».

C’est en ces termes que Forsythe fit campagne aux Européennes, en disant la vérité à ses concitoyens. Le message de « For Europe », le mouvement qu’il avait créé en Irlande, se répandit sur le continent et mit les instances européennes, dont le mode de fonctionnement parut dès lors obsolète, dans l’obligation de se réformer. Candidat au poste de président de la Commission, il fut plébiscité par le Parlement et engagea directement les réformes nécessaires à la constitution des Etats-Unis d’Europe. Il chargea le Parlement européen de rédiger la Constitution européenne, qui fut approuvée par 89 % des députés puis soumise aux 28 Parlements nationaux qui la ratifièrent. Il a ensuite convoqué un houleux Conseil européen, réunissant autour de lui les chefs d’Etat et de gouvernement une ultime fois pour leur demander de prendre acte de la ratification. Tout le monde a encore en mémoire cette réunion marathon, au Saint-Siège sur l’invitation du pape François, qui s’acheva par la proclamation officielle de l’acte de naissance de la Fédération des Etats-Unis d’Europe. Mais alors que tous les observateurs politiques s’attendaient à voir la Commission Forsythe exercer son mandat jusqu’à son terme, comme le prévoyait la période de transition, le responsable politique irlandais surprit tout le monde en présentant la démission de son équipe devant le Parlement, précisant qu’elle n’avait à présent plus de légitimité et qu’il n’y avait plus de temps à perdre pour relancer l’économie européenne et construire enfin une Europe fédérale : « Les représentants des peuples ont accepté, Etat par Etat, la réforme que vous, leurs élus européens, leur avez soumise. Je demande à présent aux peuples eux-mêmes de s’exprimer sur le projet que je présente à son assentiment en me portant candidat devant eux à la magistrature suprême. »

A suivre…

 

M.K.

 

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