L’ascension fulgurante de John Forsythe (2)

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Business Man

Il y a deux ans et demi arrivait au pouvoir le premier président de la Fédération européenne. A mi-mandat, cette figure charismatique de la jeune génération de responsables politiques européens est au zénith de sa popularité. Voici la seconde partie du portrait que nous lui consacrons.

Lors du grand débat de la présidentielle européenne, l’adversaire de Forsythe, la très conservatrice Agnieszka Witolski, l’avait prédit : « Avec un patronyme aussi célèbre que le vôtre, vous avez un peu trop tendance à prendre la scène politique pour une salle de spectacle ». Mais le spectacle n’est pas venu d’où on l’attendait. Ce qui singularise l’homme comme le politique serait même un retrait pudique évitant les effets d’annonce inutiles. En revanche, son allure, son charisme et son éloquence légendaire ont été au centre de son action publique. « Ne jamais déserter le terrain, ne jamais oublier l’être humain et ne voir que lui en ignorant l’électeur, le servir sans espérer ses voix, représenter au mieux ses intérêts en le laissant libre de ses choix », comme il se plaisait à le dire. Et le spectacle qu’il a donné de la politique, audacieuse, à l’écoute des citoyens, ambitieuse sans être arrogante, séduisante sans être séductrice, articulée sans être verbeuse, a incontestablement répondu aux attentes des citoyens, en demande d’une autre politique, voire d’une autre manière de faire de la politique. C’est probablement ce qu’il a su voir et qui échappa à Madame Witolski lors de la campagne. Une fois élu avec plus de 67 % des voix, le jeune Président a dû composer un gouvernement fédéral en tenant compte de paramètres jusqu’alors inédits dans l’Union européenne. En effet, la règle de représentativité de chaque Etat dans l’ancienne Commission étant abrogée par la nouvelle Constitution, il lui a fallu tenir compte des sensibilités politiques disposées à se rallier à son projet et de la seule compétence des femmes et des hommes qu’il allait nommer.

John Forsythe a été élu Président des Etats-Unis d’Europe avec plus de 67 % des voix

Son parcours atypique a certainement dû l’aider dans cette tâche. On l’oublie souvent, mais cet ami proche de Bono et de Jonathan Rhys-Meyers, a également été le capitaine, puis le président du Dublin University Football Club (DUFC), comme si la gestion d’équipe était une compétence innée chez lui. Il n’a donc pas hésiter à aller chercher dans la société civile des figures de premier plan qui lui semblaient mieux habilitées à incarner cette nouvelle Europe. Comme Kaija Hyytiäinen, l’ancienne directrice de l’Association européenne de lutte contre le chômage, le philosophe Moreno Zimmaro, rencontré à l’Université de Bologne ou le designer néerlandais Jan Verhoeven, dont la Fondation d’aide à la création avait permis de donner une visibilité inédite aux artisans européens spécialisés dans les arts décoratifs.

A mi-parcours, les résultats sont là : la mutualisation des dettes et de certaines compétences redondantes comme la diplomatie ou l’armée, la rationalisation du plan de production et de distribution énergétique ont permis de réaliser 400 milliards d’euros d’économies, principalement affectés aux grands chantiers socio-économiques tels que l’allocation universelle, le grand programme d’éducation, de formation et de mobilité Copernicus, la création de pôles industriels européens ou l’harmonisation sociale et fiscale. Il reste encore deux ans et demi à Forsythe et à son administration pour poursuivre leur programme. En tête de leur ambition : doubler le montant des économies possibles en poursuivant la fédéralisation des compétences redondantes, faire chuter le chômage sous la barre des 5 %, renforcer la politique de soutien aux entreprises européennes dans des secteurs de pointe comme la recherche médicale ou les technologies de l’information et parachever la grande réforme de l’énergie verte.

 

M.K.

 

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