Agnieszka Witolski, élue à la tête de la Pologne

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La candidate malheureuse à l’élection présidentielle européenne vient de remporter l’élection nationale polonaise. Elle a longtemps critiqué le projet fédéraliste de Forsythe, et tous les yeux étaient rivés sur Varsovie, redoutant l’éclatement de la Fédération. Pourtant, la dame de glace a créé la surprise…

Agnieszka Witolski, élue à la tête de la Pologne

Tout le monde a encore en tête la défaite de la présidente du parti conservateur européen face à John Forsythe. Son hostilité à la fédéralisation était avant tout idéologique. Fervente partisane de l’Union, dans laquelle prévalait encore le poids des grands Etats, elle n’a eu de cesse de faire preuve d’une opposition pugnace au Parlement européen.  La nouvelle femme forte de Pologne n’a cependant pas fait campagne pour remporter la présidence de son pays sur le thème de l’Europe. Il faut dire qu’elle est surtout connue dans l’hémicycle du Sejm, la Chambre basse polonaise, comme une femme de tête, qui a fait carrière en conservant un patronyme masculin. « Witolski, a-t-elle toujours martelé, pas Witolska ». Il ne s’agit pas d’une simple question d’usage linguistique. En insistant sur ce point, elle a toujours voulu signifier que les femmes en politique pouvaient rivaliser avec les hommes. Le nombre de femmes députées en Pologne était de 20 % à peine en 2007 (à rapprocher des 40 % en Belgique), et celui des sénatrices dépassait légèrement les 7 % (contre 36,5 % en Belgique, à la même époque).

Une telle attitude aurait dû placer la nouvelle présidente polonaise dans le camp des libéraux. Mais tout est toujours complexe en politique. Son attachement au rôle de l’Eglise, ses valeurs familiales et sa détestation du communisme l’ont conduite à se positionner à la droite de l’échiquier politique. Elle n’en voulait pas, il y a trois ans, de cette Europe fédérale. Et a toujours dit qu’elle organiserait un nouveau référendum sur la question du maintien de la Pologne dans la Fédération, ce qui aurait pu conduire la Pologne à revenir à un mode de fonctionnement plus autonome, comme le prévoit la Constitution européenne, qui stipule en ce cas un retour à la situation de l’Union pour les pays qui le souhaitent. Mais ces dernières semaines, elle a commencé à nuancer sa position, pour séduire une frange de l’électorat centriste. « Les résultats de l’administration ont eu des effets bénéfiques pour la Pologne, a-t-elle reconnue. Mais je n’exclus pas à terme, de relancer l’idée d’un nouveau référendum si les bénéfices pour la Pologne de cette mutualisation devaient s’amenuiser. La démocratie, qui nous a si longtemps fait défaut en Pologne, c’est accorder à son adversaire le crédit de son argument. Je suis toujours sceptique mais les résultats sont là ».

Le président Forsythe a téléphoné à son adversaire pour la féliciter de son élection et pour la remercier de sa réaction modérée. Il est probable les gouvernements français, suédois, hongrois et croate, tentés eux aussi par une remise en cause de la Fédération par voie référendaire, fassent marche arrière à leur tour pour des raisons analogues à celles invoquées par la « femme de glace », dont l’armure semble avoir un peu été fendue.

 

J.P.S.

 

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