Le Citoyen Europeen Et La Ruralite

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« Le Nouvel Européen.

Discover what Europe could be »

« Dites, si c’était vrai »

Au vu des fortes retombées positives enregistrées par les projets ruraux inscrits dans la programmation 2020-2027,
le président John Forsythe a décidé de continuer à affecter à la thématique de la ruralité, un caractère hautement prioritaire dans la définition des objectifs stratégiques de la Fédération européenne.

Ces septante dernières années, les villages ont intégré plus de changements que les villes.
Certes, la population urbaine s’est accrue, mais cet accroissement n’a pas changé radicalement ni la structure citadine, ni la mentalité des gens. La ville a gardé ses espaces de culture, ses établissements scolaires de tous niveaux, ses hôpitaux,  ses commerces, son hôtel de ville et ses centres administratifs, ses bureaux d’entreprises, ses grands monuments, sa statuaire, ses cathédrales ou ses églises plus modestes. On voit encore dans certaines villes les Palais des Rois ou des gouverneurs, les grandes résidences de prestige.. Les avenues ont dû être adaptées à un trafic plus dense et diversifié.
La différence notable pourrait bien être la juxtaposition de communautés ethniques dont l’intégration pose problème.
A l’inverse, les villages ont perdu, pour la plupart, leur statut de commune, et l’essentiel de ce qui en faisait l’animation avant la deuxième guerre mondiale.

Il était une fois….  

L’agriculture et l’élevage étaient aux mains de dizaines de petits exploitants. Les rues étaient encombrées de chariots, de lourds tombereaux, d’engins agricoles, tous tirés par des chevaux ou des bœufs. Le matin, les troupeaux de vaches, bruyamment guidés par le fermier ou la fermière défilaient dans les rues et on les retrouvait en fin d’après-midi sur un trajet inverse qui les ramenait à la traite. Le moulin hydraulique faisait farine du blé qu’après le battage les fermiers y apportaient.
Ce tableau agreste ne décrit pas toute l’activité des villages : tous les corps de métier s’y côtoyaient encore. Le bâtiment était servi par des artisans qui avaient tous pignon sur rue. Il fallait des forgerons, maréchaux ferrants. On les trouvait, Plus facilement, il est vrai, que les bourreliers qui réparaient les colliers de cuir des bêtes de trait. Mais les boucheries et épiceries s’y faisaient concurrence de même que les couturières lorsqu’un événement prévisible, comme un mariage ou une communion solennelle, leur offrait l’occasion de faire montre de savoir-faire.
Les hommes tapaient la carte dans les cafés ou jouaient aux quilles dans une annexe.
Quand l’heure était venue de rejoindre le foyer pour le repas dominical, le clocher envoyait le rappel, comme il scandait chaque moment de la vie du village.
La troupe théâtrale locale de son côté montait, chaque année, l’une ou l’autre pièce, le plus souvent dialectale.
Que la couleur sépia de mon évocation ne trompe pas : je ne parle pas d’un village des confins des Carpates, ni de l’époque médiévale.
Je viens de résumer la vie rurale de l’après-guerre, telle que je l’ai connue dans un village de huit cents âmes.
Si j’apporte cette précision, c’est que plus rien ne subsiste de ce qui était et mon témoignage pourrait passer pour une fiction passéiste.
En effet, il reste tout au plus  une ou deux exploitations agricoles, il n’y a plus de troupeau qui ornait les rues de bouses malodorantes, plus d’entreprise du bâtiment ;  les épiceries ont disparu, la forge, le garage, les cafés, les ateliers de couture ont été évincés par la modernité.

Pour une reconnaissance des fondements du vivre ensemble

La question se pose : après tout faudrait-il garder quelque chose de ce qui existait at qui pourrait servir à orienter notre avenir européen ?
Je le pense et d’ailleurs nous le devons aux familles qui vivent aujourd’hui dans les villages du XXIème siècle
La caractéristique principale de la vie rurale est la proximité avec la nature. On y trouve à l’état naturel les petits animaux de la faune sauvage et parfois des sangliers viennent fouir un potager ou des chevreuils éberlués croisent un automobiliste stupéfait.
Que de fleurs sur le bord des chemins de promenade qui peuvent éveiller des vocations de botanistes ou d’herboristes. Que de parfums dans l’air quand au printemps les buissons se colorent. C’est un héritage. Il est là à notre portée, comme les jonquilles ou les muguets qui s’offrent aux promeneurs curieux.
C’est un héritage, mais c’est aussi un avertissement : cette diversité ne peut être sacrifiée ni sur l’autel des semenciers, ni sur celui des apprentis sorciers « des industries » chimiques.
La ruralité est le symbole d’une société qui ne veut pas mourir empoisonnée.
Elle est aussi liée d’un lien naturel à l’agriculture. Au début de la période sous revue, l’Europe s’est souciée de son autosuffisance alimentaire. Il en a résulté une progression à marches forcées vers la productivité. Les petites exploitations en furent les victimes. Parallèlement, le commerce s’est concentré dans les grandes surfaces. La conséquence en est que l’agriculteur,  l’éleveur ou le producteur laitier ne sont plus en mesure d’intégrer leurs coûts de production dans le prix de vente de leurs produits. La récurrence des crises agricoles en est l’illustration dramatique.

L‘Europe doit reconstruire la ruralité autour d’une agriculture propre, rentable et de proximité

Le moment est venu d’inverser le processus. Il appartient à la Commission européenne de fournir un prix indicatif sous lequel l’acheteur ne peut contraindre le vendeur à abandonner son bien. On a si souvent dit que l’agriculteur est l’architecte du paysage, que le moment est venu de prouver que ce n’est pas une parole en l’air. Il faut assurer des moyens raisonnables à l’agriculture.
La ruralité se limite-t-elle à la protection de la diversité et à l’avenir de l’agriculture ?
Ce serait trop court, mais la composante suivante est plus complexe.
De tout temps, la ruralité s’est caractérisée par la proximité humaine. Au village, tout le monde connaissait tout le monde. Malheureusement, il faut mettre la phrase à l’imparfait. L’anonymat urbain a gagné les zones rurales. Des initiatives sont heureusement à l’ordre du jour de pas mal de communes rurales. On y recrée des contacts, on y retisse du lien social. On y retrouve par la force des relations humaines , des solidarités oubliées, des aides de voisinage, des opérations groupées quand une famille traverse une mauvaise passe.

Avec la ruralité retrouvons des valeurs de simplicité, de convivialité et d’authenticité

Héritage du passé aussi qui gagnerait à être remis au goût du jour : la société éducative. J’entends par là que chaque adulte en milieu rural doit se sentir investi d’un devoir de guidance à l’égard des plus jeunes. Sans user d’autorité excessive,  un adulte peut libérer un enfant souffre-douleur, des coups que lui portent des garnements inconscients ; il peut attirer l’attention sur l’incivilité qui consiste à jeter dans le caniveau une canette vide ; il peut dénoncer la cruauté envers un animal ; il peut inviter au respect d’un vieillard…
La société éducative est un concept varié. Il n’a, à ma connaissance, jamais été explicité. A une époque où les balises ne montrent plus guère la voie à suivre en matière d’éducation,, il faut y consacrer de la réflexion, de la concertation et de l’action.
Enfin la ruralité doit être porteuse de droits au bénéfice de celles et de ceux qui l’ont choisie comme cadre de vie.
Je les cite en vrac :
L’accessibilité garantie par les transports en commun aux écoles d’enseignement fondamental et secondaire ;
L’accessibilité aux académies et autres lieux de culture, comme aux infrastructures sportives ;
Le bénéfice des liaisons  les plus performantes aux techniques de l’information et une priorité reconnue par les administrations et les entreprises pour la prestation de travail à domicile ;
Le bénéfice de subventions culturelles aux initiatives visant l’animation et l’enrichissement intellectuel de la vie rurale.

Modernisons les villages ; nous désengorgerons les villes.
Le propos vaut pour l’Europe entière.

Pierre HAZETTE
Sénateur honoraire,
Ancien ministre
Membre de Stand Up for Europe

 

We will do it!

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DOMMAGE.

 

Chanson de Bruno Heureux: 

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