De l’Europe-marché à l’Europe -communauté de destin

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« Le Nouvel Européen.

Discover what Europe could be »

« Dites, si c’était vrai »

 

Olaf Ferguson, Président du Parlement européen a décidé de s’adresser à l’assemblée des élus pour rappeler les fondamentaux de la jeune fédération européenne grâce aux repères historiques d’un visionnaire de son époque, défenseur de la conscience européenne qui signe l’état des lieux prémonitoire ci-après.

Faiblesse des institutions et faiblesse des hommes, ne  suffisent pas à expliquer l’impuissance de l ‘Europe devant les crises qui se multiplient et s’aggravent ; crise révoltante des réfugiés envenimée par le durcissement du régime Erdogan en Turquie,  crise existentielle du Brexit, crise  rampante mais redoutable de l’euro, crise morale des élites européennes enfin, révélée par la forfaiture de Barroso, désormais soldat de fortune au service de la finance américaine.

Il faut plutôt questionner la pertinence de l’Europe-marché  qui s’est substituée au cours des deux dernières décennies, au projet ambitieux des Pères fondateurs. Elle s’avère une Europe de division et d’exclusion : croissance anémique, chômage élevé surtout  chez les jeunes, inégalités en hausse qui suscitent la grande peur de déclassement des classes moyennes et surtout  divergence entre le noyau et la périphérie au sein de l’Eurozone. C’est là le danger le plus grave pour l’Europe, car cette divergence débouche sur la constitution d’une pyramide hiérarchisée du sommet de laquelle l’Allemagne, plus nombreuse, plus développée et puissance créancière de l’eurozone, domine la vie de l’UE. Le départ de la Grande Bretagne remet en effet l’Europe continentale en face à face avec l’Allemagne. Tout cela est malsain et dangereux : il est urgent de faire croiser l’Europe des Etats avec l’Europe des citoyens. Mais se pose alors la question centrale du sens à donner à la construction européenne. Les citoyens comprennent bien que les Etats-nations européens sont désormais trop petits pour se mesurer aux géants du monde post-globalisation : firmes oligopolistiques globales américaines et chinoises et  puissances  continentales en émergence. L’Europe leur apparait donc plus nécessaire que jamais, mais pas une Europe soumise aux forces centrifuges de l’inter-gouvernementalisme et du  néo-libéralisme d’aujourd’hui. L’Europe doit se réinventer une dynamique centripète qui pousse à son unité politique et stratégique autour d’un démos citoyen.

Au-delà des identités nationales qui restent incontournables parce qu’elles renvoient à des imaginaires partagés depuis des siècles, il faut aujourd’hui bâtir une conscience européenne fondée sur la raison et s’alimentant à deux sources : d’un côté la perception d’une communauté de destin face aux risques et aux menaces d’un monde globalisé en transformation permanente, de l’autre les valeurs de civilisation forgées par l’Europe au cours de son Histoire féconde et chaotique.

Concrétisons et focalisons  cette conscience européenne sur deux piliers : un  modèle de développement durable fondé sur l’innovation et la solidarité et qui s’appuie sur une euro-zone rééquilibrée et sur une ré-industrialisation  de l’Europe en direction des technologies avancées et dé carbonisées ; une puissance stratégique propre  constituée par une défense européenne commune au sein de l’Otan, condition d’une véritable politique étrangère de l’Europe.

 

Pierre Defraigne

Citoyen européen

Directeur exécutif du centre Madariaga – Collège d’Europe

Directeur général  honoraire de la Commission européenne

 

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DOMMAGE.

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