F for Fairbanks

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« Le Nouvel Européen.

Discover what Europe could be »

« Dites, si c’était vrai »

 

La nomination de l’ancien ministre européen des Finances à la tête de l’Empowerment Bank, soupçonnée de délit d’initiés ayant coûté au Trésor européen quelques 15 milliards d’euros, jette le trouble dans l’opinion et déclenche la colère du Président Forsythe.

Tout commença il y six ans, la veille du dépôt officiel de la liste des candidats pour les élections européennes. John Forsythe avait dû prendre une décision difficile. La stratégie qu’il avait privilégiée, le parler-vrai, n’avait pas fait l’unanimité dans son propre camp. Certains ténors de For Europe avaient tenté de récuser la ligne imposée par le dynamique Irlandais, lui préférant un discours plus démagogique. Preston Fairbanks, le chantre du populisme, s’était rangé du côté de l’Europe au dernier moment. Forsythe avait dû se résoudre à son ralliement mais dans son for intérieur, il savait qu’il ne devrait jamais faire confiance à Fairbanks qui avait monnayé son soutien en échange d’un strapontin ministériel. C’était donc une décision difficile qui attendait le futur président de la Fédération européenne. Comment intégrer le nom de Fairbanks dans sa liste, lui qui représentait précisément cette Europe des nations, cette vieille union de l’affairisme et des demi-mesures qui n’avait pas été capable de s’imposer face aux nations qui la constituaient ? En homme pragmatique, Forsythe savait, par ailleurs, qu’avec Fairbanks à ses côtés, il pourrait attirer à lui les sceptiques de l’ancienne Europe, cette génération d’Européens qui se méfiaient de Bruxelles et qui se reconnaissaient en Fairbanks. C’est donc sans enthousiasme que ce jour-là, il alla déposer sa liste électorale avec Fairbanks en troisième place.

Deux ans plus tard, l’Union dissoute et la Fédération constituée, Fairbanks avait été nommé par Forsythe ministre des Finances. Il connaissait l’habileté politique de son ancien rival et la confiance dont il jouissait dans les milieux d’affaires, en particulier dans le secteur bancaire. Dans un premier temps, Fairbanks avait su se montrer particulièrement efficace, en particulier pour la renégociation des dettes souveraines auprès de leurs créanciers, leur imposant un taux bien inférieur pour la dette européenne consolidée que ceux que les ministres des Finances nationaux avaient jadis individuellement réussi à obtenir pour chaque Etat. Il faut dire que la consolidation des dettes souveraines figurait en bonne place dans le programme de Forsythe durant la campagne et que l’argument avait valeur de symbole. Fairbanks y avait été hostile mais en bon stratège, il avait accepté d’appliquer le programme de For Europe et servait les desseins de Forsythe. C’était du moins ce que tout le monde pensait, y compris Forsythe.

Les dessous de l’affaire

L’opération avait pourtant  failli être un fiasco. Quelques heures avant l’annonce de la dévaluation de l’euro voulue par Forsythe, pour que l’accord bénéficie en priorité aux exportations extra-européennes, contenues par un dollar et un yen en dessous de leurs cours moyen depuis plusieurs mois, l’Empowerment Bank avait vendu tous ses avoirs en euros, ce qui déclencha un véritable vent de panique. Les marchés pensaient que la banque américaine avait eu des informations secrètes sur l’échec de la consolidation des dettes souveraines. Forsythe a dû demander à la Banque européenne de racheter les valeurs en sous-main pour soutenir leurs cours et annoncer publiquement l’accord 48 h avant sa ratification pour calmer les esprits.

Ces différents évènements ont failli ébrécher la crédibilité de l’administration Forsythe et il est probable qu’aucun autre responsable politique n’aurait été en mesure d’inverser aussi rapidement que lui la réaction de l’opinion. C’est à peu près à cette époque que les premières rumeurs de démission couraient sur Fairbanks. On le disait désireux de quitter son ministère, certains lui prêtaient de plus grandes ambitions, suggérant que Forsythe lui accorderait la tête de la nouvelle Banque centrale européenne une fois la consolidation effective. D’autres pensaient que Fairbanks souhaitait simplement prendre sa retraite. D’autres encore murmuraient qu’il pourrait au contraire fonder son propre mouvement politique car le désamour entre les deux leaders irlandais étaient de notoriété publique. John Forsythe décida alors de convoquer une conférence de presse pour calmer le jeu. « Je suis profondément troublé, déclara le président de la Fédération européenne, par la coïncidence des deux événements mais je ne crois pas au hasard. Toute la lumière sera faite sur cette affaire. J’ai chargé un procureur fédéral indépendant de remettre un rapport dans les plus brefs délais à la Commission des Finances de l’Assemblée européenne. J’ai tenu que les Chambres et non l’Exécutif soient saisies pour garantir la plus grande transparence ».  Comme toujours, le volontarisme et le souci d’intégrité qui ont fait la réputation de John Forsythe, ont rapidement rétabli la confiance dans les institutions.  La Commission parlementaire ne parvint pas à identifier les fuites que l’on soupçonnait mais exigea la démission de Preston Fairbanks, estimant qu’en tant que grand échiquier de l’Europe, il était responsable du comportement des membres de son cabinet. Le ministre européen, dans une lettre ouverte qui avait fait sensation, avait accepté les conclusions des députés et quitta ses fonctions avec une élégance qui impressionna alors les observateurs de la vie publique européenne… à l’exception du Président Forsythe. Ce dernier avait, en effet, été informé par l’Intelligence Service européen que Fairbanks avait des contacts, certes rares, mais réguliers, avec l’Empowerment Bank. Hier, celle-ci annonça la nomination de Fairbanks à son Directoire. La réaction de John Forsythe fut immédiate : « Il est moralement inconcevable qu’un ancien ministre de la Fédération et serviteur du bien public rejoigne une banque dont les agissements ont coûté près de 15 milliards à l’Europe. J’ai demandé au Parlement de créer une nouvelle proposition de loi interdisant aux responsables politiques de prospérer dans le secteur privé après leur départ, si l’entreprise qui les engage a porté directement ou indirectement préjudice au bien commun européen ».

Ce que les médias appellent déjà « la jurisprudence Fairbanks » a été particulièrement apprécié par l’opinion publique. Un récent sondage mesurant l’indice de confiance dans l’action de la présidence, a indiqué que 79 % des Européens soutenaient leur président. Le procureur général a déjà annoncé pour sa part le lancement d’une instruction chargée de déterminer si la nomination de l’ancien ministre européen à la tête de l’Empowerment Bank était liée à la divulgation d’informations ayant conduit la banque à vendre ses avoirs en euros. Une affaire à suivre.

Olivier Boruchowitch Rédacteur en chef

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