2027, An Un d’une Europe fédérale

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« Le Nouvel Européen.

Discover what Europe could be »

« Dites, si c’était vrai »

Décembre 2030

Quand j’étais enfant et qu’une histoire s’annonçait triste, je jetais furtivement un œil sur la fin pour  me rassurer. L’histoire que je vous propose se termine en mode majeur mais il s’en est fallu d’un cheveu, si les jeunes ne s’en étaient mêlés : ils avaient rendez-vous avec l’Histoire…

Avril 1951

Il était une fois une Europe des nations qui se jetèrent sauvagement les unes contre les autres en l’espace de deux décennies, mettant le feu au monde et entraînant avec elles des millions de morts et des économies dévastées. Nationalismes exacerbés, anti sémitisme virulent furent les moteurs de la folie qui s’était emparée des peuples. Des hommes décidèrent qu’il fallait mettre un point final aux égarements meurtriers à répétition: ils imaginèrent un remède consistant à créer un vaste espace économique commun pensant que le partage des mêmes intérêts et d’un bien-être commun équivaudraient à jeter des ponts entre les hommes. Qui serait assez fou de bouter le feu dans un immeuble où l’on occupe soi-même un logis ? Il s’ensuivrait une Europe politique avec une Armée commune : l’Europe fédérale prenait forme dans les cœurs et les esprits…

Juin 2016

Le temps passa…et il en va des idées comme des résolutions sous le gui.

Il paraissait loin le temps où les pères fondateurs de l’Europe avaient rêvé d’une Europe qui à son tour ferait rêver…Sans doute avait-on inversé les priorités : d’abord une Europe politique et une Défense commune, ensuite un espace économique ? Ou eût-il fallut mener les grands chantiers dans un même élan ? Toujours est-il que les États, les plus puissants surtout, cédaient sous la pression des souverainistes. Difficile d’abandonner des pouvoirs régaliens comme la Défense, le contrôle des frontières ou la politique étrangère. Si les grandes décisions étaient bien prises ensemble selon les règles établies, dès que leur application laissait à désirer, la faute était rejetée sur Bruxelles : les gouvernements passaient pudiquement sous silence leur adhésion aux projets en se dédouanant d’un courageux « c’est pas nous ! » ; Tout le monde se souvient de la politique d’agriculture commune et des passions qu’elle suscita. Il faut bien avouer que l’idée européenne, après avoir dangereusement marqué le pas, risquait tout simplement d’imploser … Le Brexit auquel personne ne croyait vraiment souffla un vent de panique et incita certains à négocier leur maintien dans l’Union. La dérive des nationalismes émergents et la droitisation à outrance des Nations témoignaient de l’égoïsme des gouvernements et du réflexe d’un chacun pour soi. Des pays ayant récemment rejoint l’Union foulaient allègrement des valeurs européennes aussi fondamentales que la liberté de la presse.

L’espace Schengen s’était rétréci, des murs et des barbelés fleurissaient à l’ombre des miradors. Cependant, le flot des immigrants s’était juste déplacé, l’économie des pays faisait encore la soupe à la grimace, les soldats n’avaient pas quitté les rues, le terrorisme se moquait des politiques sécuritaires rarement concertées…

Mai 2027

Et pourtant… malgré la morosité ambiante, l’Europe avait de nombreux atouts et possédait même les joyaux de la couronne en regard du reste du monde : L’Afrique, malgré ses richesses géologiques était exsangue, moribonde, sa population galopante, victime des déforestations et du réchauffement climatique, livrée à la corruption. L’arrivée de Trump au pouvoir avait exacerbé les tensions entre Les Etats-Unis et la Chine qui s’épuisaient dans une lutte stérile tous azimuts. Pékin était dans le brouillard au propre comme au figuré quand Washington était en proie aux maladresses d’une diplomatie déroutée par les « Trumperies » à la Donald. La Russie ne profitait même pas des démêlées de ses puissants concurrents, tout enlisée dans le bourbier moyen-orientale, en délicatesse avec la Turquie, l’Iran et la Syrie…

En Europe donc, quatre générations pour la première fois depuis des siècles, n’avaient connu les affres d’un conflit. L’Europe exerçait une attirance pour les précarisés, elle innovait dans la recherche et les technologies nouvelles, dans les arts, les valeurs ajoutées, la protection sociale.

Mais qui en avait conscience ? L’Europe souffrait d’un déficit abyssal en communication. Les politiques parlaient aux politiques par-dessus la tête des citoyens. Quel citoyen pouvait énumérer dix acquis majeurs ou mineurs dus à l’Europe, même cinq ou quatre ? Les congés payés d’un minimum de quatre semaines, la durée maximale de travail hebdomadaire de 48 heures, un numéro d’appel d’urgence unique, le 112, le programme Galileo, la carte européenne assurance maladie, l’abaissement des tarifs roaming etc…

En réaction à la désincarnation de la conscience européenne, des initiatives citoyennes, timides mais résolues avaient décidé d’inverser la courbe descendante de confiance des européens.

De petites cellules de réflexion se fédérèrent en larges mouvements appelant à un « Stand Up for Europe » qui firent des émules sur tout le continent. D’éminents politiciens et intellectuels s’associèrent à cette nouvelle dynamique. Le vivier de pensées se mua en réseaux.

Juin 2027

Cependant, ce furent les élections présidentielles en France qui ouvrirent un nouveau chapitre de l’histoire européenne.

Après les deux quinquennats de François Fillon, Marina Lapeine, gagnait de justesse les élections présidentielles. Très vite elle prit quelques libertés avec la constitution et son obligation de consultation populaire : depuis le palais de l’Élysée, la Présidente toute de bleu marine vêtue  promulguait le FREXIT …

L’annonce sonna comme sonnait le tocsin dans nos clochers. Les gens avaient en mémoire le lent déclin économique de la Grande-Bretagne depuis son départ de l’union. Les rues de Paris se remplirent d’une foule mauvaise, des jeunes par milliers, criant à la manipulation et secouant la torpeur qui avait gagné les esprits. Les provinces s’agitèrent à leur tour. La fronde ne resta pas franco-française…

L’ère des réseaux sociaux et des médias fonctionna à plein régime et les Européens dans toute leur diversité transformèrent le continent en une gigantesque agora des temps helléniques.

Rapidement, les politiciens de toute la constellation européenne comprirent que le débat dépassait largement le FREXIT. Les populations réclamaient un changement significatif du paysage politique, lassées et même hostiles à toutes les combinaisons affichant un air de « déjà vu, déjà dit, déjà essayé ».

Le mouvement « Stand Up for Europe », fort de son vivier d’idées et de sa vision d’une Europe Fédérale alimenta les débats et surtout proposa un modèle européen qui avait mûri comme des blés d’or dans les carrefours de réflexion. Le « carnet d’adresses » des personnalités adhérentes au mouvement et rompues au combat politique relaya les idées fortes d’une Europe Fédérale.

Plusieurs semaines d’intense agitation que rien ne semblait essouffler accoucha d’un référendum posant la question d’un gouvernement et d’un parlement européen supranationaux de même qu’une armée européenne. Les dés étaient jetés…ils roulèrent dans le sens de l’histoire.

2027 devint l’ An Un d’une Europe Fédérale que les Britanniques réintégrèrent avec soulagement.

Bien entendu, tout ne fut pas réglé comme par magie mais l’Europe avait pris la mesure de sa force et de son rayonnement. L’Europe Fédérale était devenue visible au regard des grandes puissances qu’elle surpassait désormais mais surtout elle était visible aux yeux des Européens.

JUAN COPPIETERS ‘T WALLANT

Membre du Comité de Soutien de Stand Up for Europe


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