Dinner at Merkel’s

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« Le Nouvel Européen.

Découvrez ce que l’Europe pourrait être »

« Dites, si c’était vrai »

 

Le Président de la jeune fédération européenne John Forsythe très féru de récits historiques mesure toute l’importance de la portée symbolique et l’influence de l’Histoire sur le déroulement de grandes avancées qu’elle est parvenue en l’occurrence  à stimuler, renouveler et instaurer en matière de gouvernance européenne.

John Forsythe se plait souvent à rappeler avec malice et plaisir les événements qui ont été à la base de son élection en 2024, à la tête de l’Europe quand tout est parti d’un fameux dîner à Bruxelles.

Il est 19.00 à Bruxelles ce 17 juillet 2018

Dans sa résidence de l’avenue Louise, Angela Merkel (nouvelle Présidente du Conseil Européen) choisit les vins qu’elle offrira à ses convives pour le dîner le plus fameux de l’histoire de l’Union Européenne.

À 20.00 précises, se présentent ses deux seuls invités : Emmanuel Macron (nouveau Président de la République française) et Jean-Claude Juncker (Président de la Commission).

L’invitation avait été lancée la veille lors d’une brève rencontre inopinée entre Angela Merkel et Emmanuel Macron devant le siège du Conseil – rencontre ainsi relatée par Angela Merkel :

 » En allant au siège du Conseil Européen, j’ai rencontré Emmanuel Macron lorsque je m’apprêtais à entrer. Il avait un air soucieux (un peu jupitérien… Il demanda à me parler … Nous étions debouts dans la rue près de l’entrée. Il aborda la fameuse question de la « reprise des dettes » des États et de son urgente nécessité dans le cadre de l’union économique et monétaire et même de la préservation de l’Union … »

       Au menu : la fédéralisation des dettes nationales et le « Président de l’Europe« 

Les trois convives savaient donc pertinemment sur quels sujets – apparemment sans lien direct l’un avec l’autre – allait porter leur conversation :

– l’autorisation par le Conseil Européen de la « reprise des dettes » des États par l’Union Européenne,

– la création d’un « Président de l’Europe ».

Depuis les débuts de l’Union, la question d’un « Président de l’Europe » restait en suspens. Il existait concurremment trois Présidents dans l’UE : celui de la Commission, celui du Conseil de Ministres et celui du Conseil Européen. Angela Merkel et Jean Claude Juncker souhaitaient que l’Union soit enfin dirigée et représentée par une seule personne, élue au suffrage universel direct, garante de l’unité européenne et reconnue comme telle, tant au sein de l’Union que sur le plan international. Pour y parvenir, ils avaient besoin du soutien de la France.

Sur l’autre sujet de la « reprise des dettes » et une mutualisation de celles-ci , tout aussi importants pour l’avenir de l’Union, Emmanuel Macron est le demandeur. Il s’agissait, en résumé, d’autoriser l’UE à prendre en charge et gérer les dettes des États et à les financer par des emprunts souscrits au nom de l’Union.

Dans l’esprit d’ Emmanuel Macron, il fallait remédier à l’état préoccupant des finances de plusieurs États qui menaçait l’unité même de l’Union (et notamment la solidarité entre les États du Nord et du Sud) et de restaurer l’indispensable crédit politique et financier de l’Union vis à vis de ses bailleurs de fonds internationaux.

Mais il s’agissait aussi de créer la base d’une large structure financière fédérale, fondement du système monétaire européen – de contribuer à « cimenter l’Union par l’existence d’une dette publique permanente et contrôlée » et de disposer d' »un outil financier pour le développement de l’économie européenne ».

Pour Angela Merkel, toutefois, ce plan présentait le risque d’une dangereuse mutualisation des risques financiers entre les États prospères du Nord et les États déficitaires du Sud – sauf à créer un véritable pouvoir financier fédéral et une puisante administration centrale. Jean Claude Juncker y voyait la confirmation de ses craintes anciennes à l’endroit d’un « big government » sans contrôle démocratique; son scepticisme était toutefois tempéré par son sens des responsabilités vis à vis d’une Union dont il présidait l’exécutif.

Mais revenons au dîner …

Les invités arrivèrent ensemble et en avance : Jean-Claude Juncker parce que c’était son habitude et Emmanuel Macron parce qu’il prenait particulièrement à coeur une question au coeur de sa politique européenne. Le menu – composé par la Maison Michel, grand traiteur bruxellois – fut à la hauteur de la réputation de la meilleure cuisine belge : asperges à la flamande accompagnées de Carbonnieux blanc 2012, faisan à la brabançonne servi avec un Montepulciano et baisers de Malmédy au champagne.

La conversation fut brillante entre ces trois grandes figures de l’Union. Elle fut principalement animée par le brillant Emmanuel Macron, pénétré comme à son habitude par la justesse de sa proposition et soucieux de convaincre ses interlocuteurs. Jean Claude Juncker tint le rôle du négociateur adroit et avisé, fort de sa longue expérience des affaires de l’Union. Angela Merkel parla peu – si ce n’est pour commenter ses choix culinaires; elle demeurait attentive à maintenir l’équanimité des propos, mais surtout consciente qu’il lui appartiendrait in fine de tirer les conclusions de la négociation et d’en présenter le résultat devant le Conseil Européen.

L’accord des convives …

Comme on le sait, l’issue fut positive et peut être ainsi résumée :

– le principe de l’élection directe d’un Président de l’Union fut retenu. Celui-ci serait élu en même temps que le Parlement Européen et la Commission en 2024; dans l’intervalle, une Convention serait réunie en 2020 pour procéder à une révision des traités;

– sur la question de la reprise des dettes – et donc de la création d’un véritable gouvernement économique, financier et budgétaire européen, Emmanuel Macron et Jean Claude Juncker s’engageaient soutenir des propositions précises qui seraient débattues et adoptées selon la même procédure et le même calendrier.

        … suivi d’une mise en oeuvre rapide

L’accord fut rapidement mis en oeuvre :

– le Conseil Européen européen adopta formellement le double projet dès 2019,

– la Convention se réunit l’année suivante et entérina la révision des traités qui fut ratifiée par tous les États en 2022.

En guise de conclusion, on laissera le lecteur imaginer la conversation que pourraient avoir nos trois protagonistes quelques années plus tard – lors d’un nouvelle rencontre à Bruxelles … La puissance politique, économique et financière ainsi acquise par les « États-Unis d’Europe » les laisseraient certainement rêveurs !

De l’importance des dîners en ville …

Jean-Guy Giraud  (03/10/15 –  adapté le 24/06/17),

Membre du comité de soutien de Stand Up for Europe

NB:  Toute comparaison de cette expérience européenne imaginaire avec la situation qui fut celle des États-unis d’Amérique à la fin du XVIII ème siècle – et en particulier avec le fameux dîner du 20 Juin 1790 qui réunit, à Washington, Thomas Jefferson, Alexander Hamilton et James Madison – serait bien entendu hasardeuse. Disons donc seulement que « comparaison n’est pas raison mais attise la réflexion » .

Pour s’en convaincre, le lecteur peut utilement se référer au récit-janus ci-joint du « Dinner at Jefferson’s » :

(http://www.pressefederaliste.eu/comment-les-Etats-Unis-creerent-la-dette-publique-federale)

 

Nous allons le faire! 

Ces infos ne sont pas encore d’actualité.

DOMMAGE.

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