Europe : régions, autonomie, indépendance

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« Le Nouvel Européen.

Découvrez ce que l’Europe pourrait être »

« Dites, si c’était vrai »

 

Thisnes, le 13 janvier 2030.

 

Rappelons-nous, il y a déjà presque 15 ans, plus précisément le 23 juin 2016, une majorité de sujets britanniques votent la sortie de leur pays de l’Union Européenne ; une décision de divorce suivie d’une période trouble et difficile, où mensonges, marchandages, ruses, fausses promesses, manque de réalisme, de bonne foi, de volonté forcent finalement les deux parties en cause à se quitter sur un semblant de compromis qui, en fait, ne satisfaisait aucune d’elles mais les laissent affaiblies.

Certes, comme déjà rappelé précédemment, les jeunes Européens profitent du Brexit et de ses conséquences dommageables pour relancer l’Europe : un parti européen, fort dans tous les Etats de l’Union, appelé démocratiquement à diriger une même politique européenne dans chaque pays ; parlement européen démocratiquement élu exerçant le pouvoir législatif et ayant approuvé une constitution européenne présentée par le gouvernement ; un pouvoir exécutif exercé par un gouvernement européen responsable devant le parlement ; un pouvoir judiciaire européen totalement indépendant des deux autres pouvoirs ; sans oublier l’élection d’un président de l’Europe – aujourd’hui, le président Forsythe – participant, en des circonstances limitées et bien précises, aux pouvoirs législatif et exécutif.[i]

LA CRISE CATALANE FAIT TACHE D’HUILE

Cela étant, les nouveaux dirigeants européens se trouvent rapidement confrontés à un nouveau gros problème, la volonté de certaines régions de prendre leur indépendance par rapport aux Etats auxquelles elles appartiennent. La plus spectaculaire est alors sans conteste la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne par rapport à l’Espagne. Nous nous souvenons de la surenchère et de la violence entre des dirigeants exaltés et téméraires de la province sécessioniste et ceux de l’Etat espagnol, inflexibles et pas assez attentifs aux revendications légitimes de la population catalane ; heurts violents et matraquages brutaux pour faire capoter un référendum populaire ; emprisonnement de responsables politiques catalans démocratiquement élus ; exil à Bruxelles du leader indépendantiste… Une situation inextricable qui mine les fondements de l’Europe et réveille des sentiments séparatistes dans différents pays comme l’Ecosse qui veut se séparer du Royaume Uni pour ne pas sortir de l’Europe, comme les nationalistes flamands, ceux d’Italie du Nord, de Corse… ; ranimant aussi le repli identitaire et parfois le racisme dans divers Etats. La question est donc vitale et le moment crucial.

CONSTATS LUCIDES ET IMPITOYABLES

Après avoir étudié, sous la houlette éclairée du président Forsythe, les raisons de ces mouvements indépendantistes et nationalistes, les nouveaux responsables européens concluent leurs travaux par plusieurs constats, causes et conclusions.

La première cause, imprégnant toutes les autres, est la méconnaissance de l’Europe par les populations : elles ne se sentent pas européennes, se sentent à des années-lumière des dirigeants de Bruxelles et de Strasbourg, et, surtout, ne voient pas, souvent à raison, ce que l’Europe leur apporte, de mieux, de meilleur, dans leur vie quotidienne.

Les constitutions nationales sont des « dogmes » rédigés et imposés à une certaine époque, dans des circonstances géopolitiques bien précises. Ces dernières ayant évolué au cours du temps, le dogme, parfois, ne correspond plus totalement à la réalité et mérite certainement d’être réétudié, voire adapté.

La sécession est le plus souvent le fait de régions qui, plus riches que les autres, veulent se débarrasser d’un « poids lourd » qu’elles remorquent. Ce faisant, elles nient l’indispensable solidarité des nantis avec les plus faibles au sein d’une communauté et « oublient », le plus souvent, que leur richesse actuelle a aussi été favorisée par des aides et des programmes nationaux financés par leur Etat central, c’est-à-dire également par les autres régions dont elles veulent se séparer.

Diverses régions se sentent à l’étroit dans les frontières de leur pays et souhaitent collaborer de façon plus étroite avec une région « sœur » d’un pays limitrophe, partageant la même culture et parfois la même langue, possédant les mêmes caractéristiques, les mêmes soucis, les mêmes chances de mieux réussir ensemble. Deux exemples parmi beaucoup d’autres : l’Eurorégion réunissant la Flandre et le Nord -Pas-de-Calais, l’Euregio Meuse Rhin, réunissant en Belgique, la Communauté germanophone, les provinces de Liège et du Limbourg, en Allemagne, le district de Cologne, et aux Pays-Bas, le sud de la province du Limbourg.

Certaines régions se sentent, culturellement et historiquement parlant, négligées, voire « oppressées » par leur Etat central et souhaitent plus de respect et donc plus d’autonomie ; d’autres respectées dans leur pays ont, au-delà d’une frontière, une région sœur qui connaît des problèmes de respect et de reconnaissance et qu’elles souhaitent aider.

DES DECISIONS RADICALES CAR INDISPENSABLES

Après de nombreux travaux, études, discussions, essais… les responsables politiques décident ce qui suit.

  • Tous les Etats de l’Europe s’engagent à donner un maximum d’autonomie culturelle, décisionnelle et économique à leur(s) région()s qui le demanderai(en)t, mais sans que cette situation mette à mal l’indispensable solidarité avec les autres régions. Il y a donc la volonté de rechercher un juste équilibre entre la recherche d’autonomie régionale et la solidarité nationale. Si, malgré cette politique d’ouverture respectueuse des particularités régionales, une région riche demande son indépendance par rapport à l’Etat dont elle fait partie, elle ne pourra pas poser sa candidature à l’Europe vu qu’elle en viole un des principes fondamentaux, à savoir la solidarité entre les plus faibles et les plus riches.

 

  • Toutes les décisions prises, toutes les politiques menées ont pour premier but de rapprocher l’Europe de ses citoyens, nationaux et régionaux, de les rendre partenaires actifs et respectés de la construction et du bon fonctionnement de notre continent, en rendant celui-ci plus visible, plus concret et plus bénéfique pour chacun d’eux. Pour ce faire, les dirigeants européens mettent en oeuvre deux lignes d’action apparemment opposées, mais surtout très complémentaires.
  1. Le premier axe, la centralisation.

Afin d’éviter toute concurrence entre Etats et/ou régions, pour éviter la cacophonie et parfois les contradictions face au reste du monde, tous les pays de l’Union partagent une politique commune et des lois identiques dans des domaines d’intérêt général : politique extérieure, défense, lois et régimes sociaux, banques, budget, finances, commerce, immigration… Le tout est mis en œuvre sous le contrôle du parlement et, si nécessaire, de la justice européenne, avec des réactions fermes et rapides si un pays s’éloigne des politiques communes.

2. Le second axe, la décentralisation.

Tout ce qui ne concerne pas les domaines précités sont du ressort et de la responsabilité des régions. C’est ainsi que tous les subsides européens visant des problèmes et besoins régionaux ne sont plus attribués aux Etats, mais aux Régions. Concrètement, celles-ci, parfois transfrontalières, demandent et reçoivent des aides dans des politiques régionales en faveur de projets spécifiques, qu’elles gèrent elles-mêmes mais sous la supervision de « missi dominici » de l’Europe chargés de veiller à ce que l’utilisation des deniers européens soient bien affectés aux projets en cause et dans le but d’améliorer les conditions et la qualité de vie des citoyens concernés.

 

BILAN ACTUEL D’UNE POLITIQUE LUCIDE ET JUDICIEUSE

Aujourd’hui, après quelques années, cette politique et la philosophie qui la soutient donnent des résultats encourageants ; certes, tout n’est pas (encore) parfait car il est difficile changer des habitudes et des mentalités ancrées depuis des décennies. Pourtant, l’Europe est sur la bonne voie : on constate, en effet aujourd’hui que, par exemple, le gouvernement espagnol a révisé sa constitution et donné une autonomie encore plus large à la Catalogne ( et à d’autres régions), réfrénant, de fait, les velléités d’indépendance des anciens séparatistes, dont le pourcentage a chuté de façon vertigineuse ; de même, les partis nationalistes, voire racistes de certains pays ont eux aussi perdu beaucoup de leur influence vu que leurs populations estiment vivre mieux dans cette nouvelle Europe qui les défend et leur assure un avenir plus prospère que le repli sur soi prôné par leurs anciens dirigeants. Dans cet état d’esprit de responsabilisation des régions et des citoyens qui y vivent, un bilan identique et positif est fait également pour la Flandre, la Ligue du Nord italienne, la Corse, le Pays basque…

Cette vision lucide et citoyenne de l’Europe, de ses Etats et de ses Régions, soutenue de tout son charisme par le président Forsythe, donne actuellement à notre continent un nouvel élan démocratique, politique, économique et culturel. Pour le reste du monde, cet élan fait de l’Europe, un exemple de coexistence pacifique et bénéfique entre différentes communautés, religions, origines, cultures, langues… ; coexistence harmonieuse aussi entre des citoyens européens de souche[ii], ouverts à l’autre, et d’autres venus d’ailleurs, respectueux de ceux qui les accueillent, qui concrétisent un vivre ensemble épanouissant, dans la solidarité, la paix et la dignité.

Bruno Heureux.

[i] Constitution européenne « calquée » sur la constitution belge.

[ii] Rappelons que « de souche » ne veut pas dire grand-chose tant la population européenne a, tout au long de son histoire, accueilli et assimilé des gens venus d’ailleurs qui, aujourd’hui, se sentent « de souche » alors que leurs racines, parfois lointaines, sont très diverses.

 

Nous allons le faire! 

Ces infos ne sont pas encore d’actualité.

DOMMAGE.

 

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